Tarifs, inflation et insolvabilité

Tarifs, inflation et insolvabilité : le prochain choc pour les ménages?

Depuis quelques semaines, l’escalade commerciale entre le Canada et les États-Unis est sur toutes les lèvres. Si plusieurs personnes analysent cette situation d’un point de vue purement politique, chez Houle Huot, nous l’examinons de près à travers les statistiques d’insolvabilité.

Même si les tarifs peuvent sembler loin de notre quotidien, leur coût peut éventuellement se retrouver dans le prix d’un électroménager, dans les dépenses d’une entreprise, dans une perte d’emploi ou sur la carte de crédit d’une famille. Dans un contexte où les ménages sont déjà soumis à des pressions financières importantes, cette nouvelle escalade n’est pas à prendre la légère.

Que disent les derniers chiffres?

En juin dernier, 13254 dossiers d’insolvabilité ont été déposés au Canada, une hausse de 11,5 % par rapport à juin 2025. Parmi eux, presque tous étaient des dossiers de consommateurs. Au Québec seulement, 2857 consommateurs ont déposé une faillite ou une proposition de consommateur, une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente.

Lorsque l’on regarde la situation sur 12 mois, les insolvabilités de consommateurs ont augmenté de 5,9 % au Canada et de 3,6 % au Québec. La tendance est donc bien réelle, mais moins spectaculaire. Pour le moment, le signal le plus préoccupant provient des ménages, les insolvabilités d’entreprises ayant diminué d’environ 10 %.

Les effets des tarifs américains

Les tarifs américains ne se traduisent pas automatiquement par une hausse du prix de notre épicerie. Leur premier effet est plutôt de rendre les produits canadiens plus chers pour les consommateurs américains, ce qui peut réduire nos exportations, comprimer les marges des entreprises et éventuellement affecter l’emploi. Les entreprises peuvent ainsi devoir réduire leurs investissements, leur production ou leurs effectifs. Dans ce contexte, les tarifs auront un effet réel sur la performance économique du Canada. Si le conflit se prolonge ou s’élargit, ce choc pourrait même nous faire basculer en récession.

Les contre-tarifs canadiens, eux, risquent d’avoir un effet plus direct sur le coût de la vie. Le Canada a annoncé qu’il imposerait, à compter du 8 septembre, des tarifs de 15 %, 25 % ou 50 % sur 27,6 milliards de dollars d’importations américaines. On parle notamment d’acier, d’aluminium, de produits laitiers, d’électroménagers, d’équipements agricoles, de plastiques et d’électronique.

Pour mieux comprendre, l’importateur canadien paie d’abord le tarif, mais il peut ensuite en transférer une partie au consommateur. Les entreprises qui utilisent ces produits voient aussi leurs coûts augmenter, et c’est là qu’un scénario particulièrement difficile se profile à l’horizon : la stagflation. Ce terme désigne une économie qui stagne ou recule, pendant que les prix continuent d’augmenter. Nous n’en sommes pas encore là, mais le risque est assez sérieux.

Selon une analyse de l’économiste Trevor Tombe, les tarifs, s’ils persistent, pourraient mettre à risque plus de 87000 emplois au Canada, dont environ 18000 au Québec. Il s’agit d’une estimation et non d’une certitude, mais elle donne une idée de l’ampleur du risque.

Comment ce risque peut-il finir par pousser une famille vers l’insolvabilité?

C’est souvent l’accumulation de plusieurs pressions qui mène un ménage vers l’insolvabilité. Prenons l’exemple d’une famille dont l’un des conjoints travaille pour une entreprise qui exporte beaucoup aux États-Unis. Les commandes diminuent. Son employeur réduit les heures, élimine le temps supplémentaire ou procède à une mise à pied temporaire. Pendant ce temps, cette famille voit encore augmenter le prix de l’épicerie, de l’essence et de certains biens. Ainsi, le revenu familial baisse précisément au moment où le coût de la vie augmente.

Pour combler l’écart, la famille utilise davantage sa marge ou sa carte de crédit pour payer les dépenses courantes, ce qui constitue le principal piège de la stagflation. Normalement, lorsque l’économie ralentit, la Banque du Canada peut réduire les taux pour soutenir l’activité. Mais si l’inflation reste élevée, elle dispose de moins de latitude. Les taux ne vont pas nécessairement augmenter, mais le soulagement espéré pourrait tarder. On obtient alors un triple choc : coût de la vie plus élevé, revenu plus fragile et crédit qui demeure coûteux.

Des signes qui incitent à agir

Lorsqu’on utilise régulièrement le crédit pour payer l’épicerie ou l’essence, qu’on ne rembourse que les montants minimums, qu’on repousse un compte pour en payer un autre ou qu’on s’appuie sur une nouvelle limite de crédit pour boucler le mois, il faut réagir. Plus on intervient tôt, plus il reste de solutions.

Voici cinq stratégies à mettre en place dès maintenant :

1. Constituer un petit fonds d’urgence.
On continue de payer les minimums sur les dettes, mais on essaie de mettre graduellement 1
000 $ de côté. Ce coussin peut éviter que le prochain imprévu soit encore financé à crédit.

En savoir plus sur le fonds d’urgence

2. Actualiser son budget à partir des transactions réelles des 30 derniers jours.
Un budget fondé sur les prix d’il y a deux ans donne une fausse impression de contrôle. On protège d’abord le logement, l’alimentation, les médicaments, le transport nécessaire et les services essentiels.

En savoir davantage sur la préparation d’un budget

3. Renégocier ses contrats : téléphonie, Internet, assurances, frais bancaires et abonnements.
Ça demande du temps, mais du temps, c’est aussi de l’argent.

4. Réduire sa consommation d’énergie.
Ce n’est pas une solution miracle, mais l’accumulation de petits gestes produit de vraies économies.

5. Faire l’épicerie autrement.
Acheter sans regarder les spéciaux est presque devenu un luxe. On consulte les circulaires, on privilégie les marques maison, on adapte ses menus aux rabais et on réduit le gaspillage.

Quand chercher de l’aide?

Évidemment, on ne règle pas un déficit mensuel structurel uniquement en fermant les lumières. S’il ne reste plus assez d’argent pour payer les dettes ou si on doit constamment utiliser du nouveau crédit, il est temps de consulter.

Rencontrer un syndic autorisé en insolvabilité ne signifie pas automatiquement faire faillite. Le syndic analyse la situation de façon confidentielle et examine toutes les solutions, notamment le budget, la consolidation de dettes, les ententes avec les créanciers, la proposition de consommateur ou, en tout dernier recours, la faillite.

Faites de votre santé financière une priorité : contactez-nous pour une première consultation confidentielle et sans frais.

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Pour en savoir davantage, consultez notre foire aux questions sur la faillite personnelle

 Bonne lecture 

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Sources :

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